
Entretien avec Mathilde Magne, Terres d’Imaginaire
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- il y a 1 jour
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L’aventure de Terres d'Imaginaire a commencé en avril 2022 sur 2,7 ha de chenin en Anjou Noir à Rochefort-sur-Loire. À l’origine du projet : Mathilde, ingénieure agronome et œnologue, et 11 ans passés à cheminer dans le monde viti-vinicole (Lilian Ladouys, Château Figeac, Stefano Amerighi en Toscane). Après ses études, elle a fait ses armes pendant 3 ans chez Sylvain Pataille. À ses côtés, son mari, Nicolas, ingénieur en mathématiques et informatique l’aide au quotidien en parallèle de son emploi.
En janvier 2023, le tout jeune domaine s’agrandit avec 6 ha de vignes supplémentaires, toujours à Rochefort, avec une belle diversité de terroirs et de cépages (Chenin, Pineau d’Aunis, Sauvignon et Cabernet Franc). Depuis, de nombreux travaux de restructuration du vignoble ont eu lieu, tels que les arrachages, complantations et surgreffages nous conduisent à travailler sur 5,5 ha de vignes.
Les vins qui les inspirent sont issus de la rencontre entre un lieu et un vigneron. C’est ce que le domaine souhaite mettre en avant à travers le nom « Terres d’Imaginaire ». D’un côté, la terre, socle à partir duquel est produit la matière première. De l’autre, l’imaginaire pour laisser la place à la créativité, la liberté et le désir d’expérimenter.
Qu’est-ce qui t’a conduit à la viti-viniculture ?
Je savais déjà pendant mes études que le respect et la protection de l’environnement auraient une place particulière dans mon métier. Le déclic a eu lieu pendant mon stage de 1ere année à AgroParisTech.
Ce stage fut l'occasion pour moi de découvrir une exploitation viticole, 4 ha en bio dans l'appellation vins de Bellet, dans les hauteurs de Nice. C'était principalement axé sur la viticulture, j'ai adoré. J'ai ensuite orienté tout mon parcours universitaire autour du monde du vin (viticulture, oenologie, dégustation, analyse sensorielle) afin d'explorer au maximum différentes facettes du milieu. Et ces nombreuses expériences et rencontres n'ont fait que renforcer cette envie de devenir vigneronne.
Qu’est ce que tu diriez à la toi d’il y a 10 ans ?
Fais toi confiance et continue à (te) poser des questions !
Quel est ton premier et/ou plus marquant souvenir de vin ?
Un Clos du Roy 2015 (de Sylvain Pataille) bu avec Nicolas chez Pépère à Bordeaux pendant mon stage de fin d'étude à Saint-Emilion. La bouteille nous faisait de l'oeil depuis un moment. Je réfléchissais à contacter Sylvain Pataille pour postuler chez lui. Comme à son habitude, Clos du Roy était d'une concentration et d'une finesse incroyable…
Quelques mois plus tard, je démarrais chez Sylvain ;)
Qu’est ce que tu voudrais qu’on dise de tes vins ?
Au-delà de ce que les gens peuvent dire, si les vins arrivent à leur transmettre une émotion, les marquent et qu'ils s’en rappellent, alors c'est mission accomplie !
J'y travaille ;) !!
Quel autre terroir / cépage aimerais-tu vinifier ? Et pourquoi ?
L’Assyrtiko - c'est un profil coup de coeur, j'en raffole. Ce cépage phénolique a une capacité à retranscrire les terroirs à l'image des savagnins, aligoté et chenin par exemple ! Il peut avoir une texture de bouche qui me séduit énormément. Reste à savoir si ce cépage pourrait se plaire par chez nous !
Que retiens-tu de ta formation ?
Mes longues études et différentes expériences m'ont permis de me construire une sorte de bibliothèque dans laquelle je pioche quotidiennement. Le but du jeu reste de savoir s'en écarter au bon moment !
Comment épouse-t-on au mieux la nature ?
Plutôt que de vouloir de l’épouser, essayons déjà de la comprendre. Il faut commencer par l’observer, être à l’écoute et faire preuve de patience. Je pense que c’est quelque chose qui se construit saison après saison. Et c’est ce que j'adore en tant que vigneronne.
Pour finir, y a-t-il eu une rencontre qui a changé ta manière de voir les choses ?
Mon stage en Italie chez Stefano Amerighi : la positive attitude permanente. Il n'y a jamais de problèmes, que des solutions ! Un mantra.










